©KmieEnsemble des marchandises d’un commerçant.

C’est en 1966, que Giuseppe Tano, jeune inventeur italien, retrouva victorieux son village natal, Ortona Mare, après avoir remporté la médaille d’argent du concours Lépine à Paris. La pompe à volet se proposait de remplacer avantageusement les rubans ou autres manivelles qui permettaient de monter ou de baisser les volets. Gonflé de son succès et du pécule qui accompagnait la récompense française, Giuseppe entreprit d’ouvrir en grandes pompes une boutique dédiée à son invention. « La Pompa Volare » malgré l’intérêt qu’elle avait pu susciter au début, et passé les quelques articles de presse qui avaient accompagné l’événement, ne rencontra pas son public. La notoriété s’effondra tel un soufflet et la boutique finit par accueillir plus de dettes que de clients. Il Shadocko, comme on l’appelait désormais au village, comprit qu’un coup de tête peut, si elle a enflée trop vite, se transformer en coup de pompe.

Mais le destin est espiègle. Un incident qui aurait pu être d’une plate banalité changea la vie de notre jeune inventeur. Giuseppe croyait tant à son invention qu’il en avait fait fabriquer des milliers d’exemplaires. La petite boutique avait une minuscule arrière boutique. Tant et si bien que le stock débordait de partout. La moindre petite niche, le moindre dessus d’armoire, le moindre dessous de meuble était réquisitionné. Jusque dans les toilettes, les pompes avaient élu domicile. Et c’est en ces lieux que la vie de Giuseppe bascula.

Alors qu’une envie aussi pressante que subite prit notre inventeur – une cystite dont il n’arrivait pas à se défaire lui demandait de boire énormément d’eau -, il se précipita dans les toilettes en déboutonnant son pantalon. Dans la précipitation, il trébucha et s’affaissa de tout son long. Son membre libéré s’emboîta parfaitement dans une des pompes. Après plusieurs tentatives vaines pour se relever, il remarque un effet revigorant sur sa basse anatomie.

L’incident aurait pu en rester là si notre inventeur n’avait pas retenter l’expérience sciemment, remarquant que quelques centimètres de plus flattaient désormais son orgueil de mâle italien. De ce jour, les pompes trouèrent une nouvelle fonction au grand bonheur du porte-feuille de notre jeune ami. Ce qui lui fit dire plus tard, non sans humour, que « cystite valent une grosse ». Comme avant, les clients, mais surtout les clientes, disaient à Giuseppe qu’il avait un bel achalandage, le sens avait sans doute changé.

Et c’est également ce qu’on dit plus tard à son fils Rocco dans des circonstances que nous ne développerons pas ici.