Sans couleurs.

Imaginez une humanité achrome : plus de couleurs, donc plus de racisme. Cool, non ?

En même temps, ce qui fait la richesse des habitants de notre bonne vieille terre c’est bien sa diversité. On n’irait plus en vacances au bout du monde pour rencontrer les habitants des antipodes ressemblant traits pour traits à nos voisins, ceux-là même qu’on souhaitent fuir en s’évadant le plus loin possible. Se retrouvant devant un guichet de La Poste, on aurait le sentiment de faire face au miroir de sa salle de bain avec l’envie irrépressible de s’extraire le comédon du nez. Plus de beaux enfants métissés, juste des bébés qu’on aurait du mal à discerner dans le tas gélatineux de placenta et de pâle poupon. Et puis à quoi servirait de séjourner sur les plages à la recherche d’un soleil thermostat 7 ? Ramener au bureau un bronzage qui rend vert de jalousie – enfin dans un monde coloré – les collègues s’extasiant sur la phase finale de votre cancer de la peau, voilà un des bonheurs simples d’un monde pigmenté. Finalement, l’existence du racisme ne justifie pas qu’on puisse se passer de la couleur.