Petit papillon nocturne.

L’acidalie est un étrange papillon. Il ne vit que quelques heures et a la particularité d’être irrémédiablement attiré par la chaleur et la lumière. Il naît généralement en pleine nuit et sa première – et seule – mission est de partir à la recherche d’Artémis, la déesse de la lumière. Le voilà parti de Charybde en Scylla d’enseigne lumineuse en lampadaire, de phare de voiture en clignotant, d’étincelle de bonheur en lueur d’espoir, de tube cathodique en Ève Angeli qui n’est pourtant pas une lumière mais bon… On dit même que si il avait le temps, il se présenterait à n’importe quelle émission de télé réalité pour connaître les lumières de la célébrités et les flash des paparazzis.

Étant un éphémère insatisfait, quelque soit la source lumineuse nocturne qui l’attire, le plaisir de l’acidalie diminue comme peau de chagrin ardente une fois le but atteint. Et de reprendre inlassablement sa course folle jusqu’à ce que le jour, commençant à poindre, éteigne toute source électrique. À cet instant, le papillon devient fou. Sa soif inextinguible est loin d’être assouvie. Et le miracle se produit ! À l’horizon, une sphère d’un incroyable éclat apparaît. Notre papillon de nuit vole au jour naissant, de plus en plus vite, de plus en plus haut, vers ce cercle idéal. Mais l’acidalie est fragile. Cette ultime course effrénée lui fait rapidement perdre sa vitalité. À bout de souffle, un dernier battement d’ailes les fera se détacher du reste du corps. Le papillon s’écrasera mollement sur le sol. Icare au pays des papillons s’éteint.

En hommage à son triste sort, en référence à la Vénus de Milo, « Acidalie » fut le surnom donné dans l’antiquité de la déesse Venus.